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Rien ne prédisposait ce “senior” titulaire d’un CAP agricole et chauffeur routier pendant quinze ans à créer sur le tard sa propre entreprise, sauf un licenciement économique et sa parfaite connaissance du métier qu’il continue d’exercer cette fois comme patron.

Je n’ai qu’un regret, ne pas m’être mis à mon compte plus tôt. C’est une liberté que l’on paie cher, certes, mais on n’a pas de compte à rendre, on n’a personne à “engueuler”, à part soi, et surtout on peut faire son métier de A jusqu’à Z.

J’avais fait une première tentative à l’âge de 26-27 ans, en créant avec un associé une boutique de clé minute, mais l’aventure avait tourné court. Je pense que l’expérience du secteur dans lequel on veut se lancer est primordiale, outre qu’il faut beaucoup de courage et accepter de prendre des risques. Il ne faut pas leurrer les gens : il ne suffit pas de vouloir pour avoir. Pour ma part, je n’ai pas reculé à devenir créateur d’entreprise, dans la mesure où j’avais vécu des choses beaucoup plus graves dans mon existence, au niveau de ma famille et de ma santé, et n’avais par conséquent plus peur de rien.

J’avais décidé de changer une première fois de vie au bout de quinze années à parcourir l’Europe au volant d’un camion. Un métier que j’avais embrassé après que la ferme familiale, dans laquelle j’avais travaillé jusqu’à l’âge de 22 ans, eut cessé son activité. Chauffeur routier, on est la cinquième roue de la charrette, mais on rencontre beaucoup de monde. Notamment des gens qui m’ont convaincu que j’avais la capacité de me lancer dans la vente. Dès la première semaine où je me suis inscrit à l’ANPE, j’ai reçu des propositions de trois entreprises, une grosse, une moyenne et une petite. J’ai choisi la petite, en pensant que je risquais de tomber de moins haut. Il se trouve que le domaine d’activité de cette société était le même que le mien aujourd’hui. Au bout de quatre ans et demi, un concurrent est venu me “voler” à mon employeur : je suis resté seize ans chez lui. J’y ai grimpé tous les échelons, de vendeur à responsable technique et commercial, jusqu’à ce qu’un grand groupe ne rachète la société. Mon patron m’avait bien proposé de reprendre son entreprise, mais je n’en avais pas les moyens financiers. Très vite, il s’est avéré que je coûtais trop cher à la nouvelle direction. Comme je refusais les mutations qu’on me proposait, j’ai été licencié économique.

Ensuite, tout est allé très vite. J’ai sollicité six de mes anciens concurrents, mais ils ne pouvaient m’embaucher que comme simple vendeur, ce qui aurait été pour moi une régression. Comme je n’avais pas envie de me mettre à genoux pour retrouver du travail, je me suis dit : qui connaît mieux le métier que moi ? J’ai cherché partout en France un fabricant susceptible de devenir mon partenaire, et je l’ai trouvé en Belgique. J’avais alors le produit et le bonhomme — moi. Restait l’argent. Mon banquier a refusé de me suivre. J’ai décidé de prendre rendez-vous avec les quatorze banques de Reims, pour finalement obtenir quatre réponses positives. En même temps, mon ancien employeur m’avait orienté vers sa cellule de reclassement, laquelle m’avait redirigé vers la Boutique de gestion. J’ai suivi une formation de trois jours en informatique, puis, avec l’aide de l’Assédic, de l’Accre et d’un prêt d’honneur de 7 500 euros accordé par Reims Initiative, j’ai créé mon entreprise début 2006. C’est une décision que je ne pensais pas devoir prendre un jour. Je suis d’ailleurs le seul à l’avoir prise parmi la cinquantaine d’anciens collègues qui avaient été licenciés ou mutés en même temps que moi. Peut-être parce que je suis un fonceur, et que tout ce que j’ai fait pour mon patron, je veux maintenant le faire pour moi.

 

> Plus d’informations sur l’accompagnement dont a bénéficié Georges :

Dispositif Accre
Accompagnement de la Boutique de Gestion
Prêt d’honneur Reims Initiative
Aide Assédic

> Vous aussi, vous voulez entreprendre ? n° azur (prix appel local)

08 10 51 52 00

> Site internet des partenaires de la création d’entreprises en pays de Reims : www.crea-reims.com