Pascal a fait plusieurs métiers avant de succomber, la quarantaine approchant, à un rêve de jeunesse, tandis que Guy a réalisé son vœu d’être indépendant à sa deuxième tentative.
Pascal :
Je me souviens qu’à l’âge de 20 ans, l’idée de création m’habitait déjà. J’aime les challenges et la prise de risque. Je ne suis pas formaté pour les horaires de bureau. Je veux pouvoir garder ma liberté de pensée et d’expression. Tous les métiers que j’ai exercés auparavant m’ont donné cette indépendance : j’ai été caviste, banquier, ouvrier vigneron, vendeur automobile. J’attendais simplement de rencontrer un domaine où je pourrais me mettre à mon compte. Ne pas connaître cette expérience aurait été frustrant pour moi. J’aurais eu le sentiment de passer à côté d’un rêve et, quelque part, de subir ma vie.
J’ai eu un avant-goût de la création d’entreprise grâce à la multinationale qui m’a employé pendant dix-sept ans. Elle m’avait confié l’installation d’une filiale développant une nouvelle activité. Cette expérience m’a montré que j’étais capable de repartir de zéro, de me remettre en question et d’enfiler le bleu de travail tous les matins. Elle m’a donné une grande confiance en moi.
Ensuite, ce sont les circonstances qui ont permis que, avec un ancien collègue, Guy Diouy, j’aie pu créer mon entreprise. Ma maîtrise de gestion, passée lorsque j’étais salarié, m’a beaucoup servi. Mon associé et moi avons également bénéficié de l’Accre, d’une subvention de 7 500 euros de la Région (dispositif Envol), d’un prix du même montant gagné au Reims Créator, et enfin des avantages de la pépinière d’entreprises où nous sommes installés. Je n’oublie pas le soutien de mon entourage, qui est un facteur important.
Une grande force de caractère, l’adaptabilité et la flexibilité me semblent être des ingrédients indispensables à la création d’entreprise. La priorité, c’est l’entreprise. En retour, il est extrêmement gratifiant de participer à la vie économique de la région, de créer de la richesse et des emplois.
Créer, c’est magnifique !
Guy :
J’ai toujours été indépendant dans l’âme, c’est-à-dire que je travaillais pour mes employeurs comme si c’était pour moi, sans compter mes heures.
J’ai franchi le pas une première fois en 1998, alors que je commençais à saturer et que j’avais l’impression de ne plus aller au fond des choses, de simplement survoler les problèmes. Je n’ai pas démissionné, mais ai bénéficié d’un congé pour création d’entreprise. Cette expérience d’artisan électricien a duré un an, car l’affaire n’était pas rentable et j’avais eu le tort de partir seul, avec les difficultés que cela implique pour se motiver. Je suis donc revenu chez mon patron, mais à un poste qui m’a donné le sentiment de régresser.
Lorsque Pascal m’a invité à le rejoindre dans une nouvelle agence qui ouvrait à Reims, je n’ai pas hésité. Malheureusement, l’aventure a tourné court et j’ai subi un licenciement économique. Mais cette étape m’a permis de goûter de nouveau à l’indépendance et m’a préparé psychologiquement à créer ma société. La rupture était déjà faite avec mon petit confort d’autrefois. J’ai donc choisi de vivre une nouvelle aventure, d’être libre, de faire ce qui me plaisait et, je l’espère, de gagner un jour un peu plus d’argent. Il y a une part de rêve dans la création d’entreprise.
Avec mon associé, c’est comme un deuxième mariage. Il est important également de s’appuyer sur une bonne équipe, de respecter aussi bien nos salariés que nos clients. Avant, j’appréhendais d’aller en clientèle, car dans une grande entreprise on part un peu dans l’inconnu. Aujourd’hui, cette appréhension a disparu car je maîtrise davantage les choses.
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